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Les entretiens des Amis

 

Rencontre avec Monsieur Daniel Wildenstein dans son hôtel de la rue de la Béotie le 22 mars 2000. Monsieur Daniel Wildenstein nous confie les photos des œuvres de Chassériau vendues par la Galerie Wildenstein à Paris, Londres et New York (entretien avec Jean-Baptiste Nouvion).

 

Pour ce grand marchand d'art, Théodore Chassériau est un artiste superbe qui malheureusement reste trop peu visible. Une des raisons en est la donation  au Louvre de près de 77 toiles, 2.200 dessins et 37 albums de croquis par Arthur Chassériau. En croyant promouvoir l'oeuvre de son "oncle", il en a réduit la visibilité à peut-être moins d'une vingtaine de toiles exposées au Louvre et à Orsay.

 

Cette concentration d'œuvres dans les caves du Louvre laisse aux autres musées très peu d'opportunités d'enrichir leurs collections en œuvres de Chassériau. Dans un marché aussi peu fluide, le Met a réussi toutefois à acquérir en 1999, auprès de la galerie Stair Sainty, une oeuvre remarquable de Chassériau "femmes de Constantine berçant un enfant".

 

Selon Daniel Wildenstein, Arthur Chassériau aurait sans doute mieux fait de lui confier la vente d'une partie de sa collection qui aurait été ainsi dispersée dans les grandes collections publiques et privées. Mais cela reste l'avis du marchand qui est quelquefois critique à l'égard du Louvre. L'établissement public ne semblerait avoir parfois qu'une vague idée de ses collections, de leur condition et de leur emplacement. Une anecdote au sujet d'une peinture célèbre de Corot au Louvre "la femme à la perle": selon Daniel Wildenstein, cette toile ne vaut pas le crochet qui la soutient. Inutile d'être un expert, il suffit de comparer la photo de l'œuvre répertoriée par Robaut et la peinture du Louvre. De façon évidente, il ne s'agit pas de la même. Malgré les remarques de Daniel Wildenstein, cette "femme à la perle" est toujours là. Daniel Wildenstein estime que Chassériau est un grand dessinateur et peut-être un meilleur portraitiste que ne l’est Ingres dont il n'a gardé dans sa collection aucun portrait. Daniel Wildenstein a conservé de Chassériau 2 dessins et 1 peinture (tête de cheval). Son regret est de ne pas avoir gardé une peinture de Chassériau, il est vrai très fine et élégante, intitulée "femme et petite fille mauresques de Constantine, jouant avec une gazelle".

 

Avant la seconde guerre mondiale, Daniel Wildenstein se souvient avoir été envoyé par son père, Georges, faire l'acquisition en salle des ventes de deux dessins de Chassériau. Et ce à n'importe quel prix. David Weill, amateur de Chassériau, était également dans la salle. A son retour, Daniel Wildenstein annonçait à son père qu'il avait obtenu les dessins en poussant les enchères contre le banquier Weill jusqu'à 23 millions de francs. Les dessins avaient été proposés à 2 millions de francs. Georges Wildenstein accepta compte-tenu des consignes d'achats données à son fils.

 

Daniel Wildenstein considère que les écrits sur l'œuvre du peintre sont aujourd'hui incomplets, en particulier le catalogue raisonné de Sandoz, rédigé il y a près de 30 ans. Sa publication a depuis fait ressortir des œuvres non répertoriées pour lesquels Sandoz a délivré a posteriori des certificats. Daniel Wildenstein se dit prêt à nous aider de ses conseils pour un travail sur les peintures. C'est un travail qui peut s'avérer très long puisqu'il a fallu à Daniel Wildenstein près de 40 ans pour rédiger le catalogue raisonné des œuvres de Monet.